Presse

Quelques ouvrages, articles ou émissions consacrés à Jean Claverie (ou écrits par lui).
Le texte complet de l’interview de Janine Kotwica
pour le N° 20 des « Arts dessinés » oct 2022

Si on traîne quelque peu sur les réseaux sociaux, on rencontre, abondamment likés, les concerts de jazz d’un Jean Claverie, mais aussi les dessins d’un (autre?)… Jean Claverie. Des homonymes ?
Que nenni : il s’agit bien d’un seul et même personnage, qui manie avec le même enthousiasme le crayon et le pinceau que la guitare. Depuis près d’un demi-siècle, il illustre, avec exigence et sensibilité, des œuvres pour la jeunesse et aussi, parfois, pour adultes ; il peint nus et paysages ; et il chante le blues avec un dynamisme généreux qui électrise son public.
Rencontre avec un artiste de grand talent, incontournable sur la scène éditoriale.

 

Jean Claverie
De la Bourgogne au Tennessee

JK : Jean Claverie, vous souvenez-vous à quand remonte votre vocation artistique ?
JC : En vrac: mon père nous avait fait à l’aquarelle un grand portrait de Géronimo, un poster avant l’heure. Et en peintre du dimanche amoureux de Sisley il peignait notre village d’enfance.
Ma mère m’aidait à illustrer les poésies de l’école, je me souviens de « La mort du loup » d’Alfred de Vigny et de la difficulté à représenter un loup vu de 3/4 dos: le secret c’était les planches gravées du Larousse 1912, la doc en qq sorte

Quelle a été votre formation ?
JC Mis à part les lettres et l’histégé, après de ternes années-lycée j’ai intégré les Beaux Arts où enfin mon talent a été reconnu! Mais j’avais eu de bons profs de dessin au lycée et même avant, en primaire.
Je me souviens de notre instituteur qui avait travaillé la question de la perspective, certainement hors programme, pour le plaisir, le mien en particulier. La leçon me revient dans les classes parfois et les enfants sont surpris par la simplicité avec laquelle on installe des personnages dans l’espace.

Vous habitez toujours dans votre Bourgogne natale. Peut-on dire que vous êtes le produit d’un terroir ?
JC Nous gardons cette maison de famille avec déraison. Le grenier d’enfance, la cave qui fait un peu peur, le pressoir vermoulu; oui certainement, le lieu d’enfance imprime toutes sortes de goûts, sensations, envies…

Vous avez longtemps enseigné, aux Beaux-Arts où vous fûtes élève, et aussi à l’école Emile Cohl. Quelle différence faites-vous de votre rôle dans ces établissements ?
JC J’ai connu la fin des ateliers où le patron était capitaine en sa matière. Dans ce cadre j’enseignais un peu tout: le graphisme, la typo, l’affiche et l’illustration en fin de cycle…
Les réformes successives ont remplacé cette organisation par des départements avec des équipes pluridisciplinaires. J’étais heureux de bosser avec d’autres spécialistes (photo, vidéo, son…) mais à cette époque (fin des années 70) le dessin dans les cycles d’initiation commençait à s’appauvrir: départ des vieux profs et anathème du monde de l’art contemporain sur cette pratique jugée d’un autre âge. Dès lors il devenait difficile d’enseigner l’illustration dans les niveaux supérieurs. Aux Beaux-Arts j’ai donc davantage travaillé la mise en page, la typo, la conception éditoriale, le « print » … ce qui ne nécessitait qu’un dessin assez sommaire.
L’Ecole Emile Cohl date de cette époque. Nous n’étions que 5 profs au début et là, le dessin était la matière reine. Ce sur quoi on pouvait bâtir. Je me souviens d’ateliers bondés où régnait une concentration inouïe. Les progrès des gens doués étaient fulgurants mais il y avait aussi l’envers de la médaille: certains peinaient pour rester dans le peloton et d’autres décrochaient, tandis qu’aux Beaux-Arts c’était un peu comme en fac.

Vous y aviez des confrères plutôt intéressants…
JC Oui j’ai rencontré dans les deux boîtes des gens de talent, profs et élèves. De mes premières années aux Arts décos de Genève aussi. De vrais initiateurs: Chancrin et le dessin ingresque, Charrat et la couleur, Martina pour le paysage. Puis des confrères : G.Gasquet, JM.Nicollet, Y.Got, C.Lax, D.Maja, P.Ballouey, F.Crozat… et d’autres qui, d’élèves sont devenus compagnons: Julie Wintz-Litty, P.Dupasquier, P.Pauzin, J.Grosson, M.Blanchin, B.Chieux. Mais je n’en finirais pas alors je clos l’exercice avec Coco grande dessinatrice de presse qui m’a « e-mailé » récemment que mon cours aux Beaux Arts était l’un des rares où elle ne s’était pas ennuyée.

Comment a démarré votre vie professionnelle ? (Et la suite? À toi de libeller Janine)
JC Après quelques stages en imprimerie j’ai écrit à Quist et c’est François Ruy-Vidal qui m’a donné mon premier travail: dessiner son logo. Il a sur le champ téléphoné à Massin chez Gallimard qui m’a confié des couvertures pour la Blanche. En même temps des agences de publicité me demandaient affiches, annonces presse, illustrations dans divers styles (ce qui est une formidable école à condition d’en sortir) Un peu plus tard j’ai rencontré à Bologne, les pionniers Brigitte et Dimitri Sidjanski de Nord-Süd Verlag. Et de là les premiers livres se sont enchaînés à l’international. C’était l’âge de la coédition. Après une année anglaise en famille, les collaborations se sont multipliées: avec Matthew Price, avec Sebastien Walker, avec Albin Michel (Hervé et Claude Lauriot-Prévost, Jacques Binstock puis Lucette Savier), avec Gallimard ( Pierre Marchand puis Hedwige Pasquet), avec Bayard Presse (Benoît Marchon et Claude Delafosse), avec Creative Company (Rita Marshall) et récemment Le Poutan (J.Branciard) et D’Eux (Y.Nadon)
Et des expos m’ont aussi sorti de ma cachette, celle du Centre Centre Pompidou « Que ma joie demeure » par Christiane Clerc avec Michel Tournier, celle du Centre St Martial d’Angoulême organisée par Anne Paillard suivie à la Maison de l’Image et du son de Villeurbanne avec Maddy Volle. Puis celle du Centre de l’illustration de Moulins, sans compter les innombrables expos pour les bibliothèques ou salons du Livre, souvent clôturées par un concert Little Lou Tour.
Mais des articles, publications ou émissions se sont avérés d’une grande aide: Jeanine Despinette, François Vié, Jean Perrot, Janine Kotwica, Denis Cheissoux…

C’est de ce passage par la pub et le graphisme que datent votre intérêt pour la typo et vos dons d’affichiste ?
JC En partie. Il y avait un goût pour la lettre que j’avais étant gosse. Je m’étais amusé vers 12 ans à contrefaire une page d’antiphonaire, puis avec le goût du Jazz j’avais imaginé des affiches pour le festival de Newport ce bien avant d’entamer des études artistiques. Le passage par les Arts Décos n’a fait que nourrir et développer cet appétit.

Vous aviez créé le logo des éditions Ruy-Vidal.
JC déjà répondu

C’est François Ruy-Vidal qui vous a orienté vers Massin…
JC déjà répondu

Des couvertures, vous en avez donc créé avec Massin pour Folio, mais aussi beaucoup pour la jeunesse.
JC déjà répondu

Comment avez-vous commencé à illustrer des livres d’enfants ?
JC J’aimais follement mes quelques livres d’enfance: Samivel, ceux de ma mère : Pinchon, Henri Morin, et un peu après Forton, Hergé…
Plus tard chez un libraire de Genève je tombe sur « Les délicieuses Prunes du Roi Oscar » de Rick Schreiter. L’alliance de l’image dessinée et de la qualité graphique et typographique a été une révélation. Là était la voie. Des gens que je découvrais et dont certains sont devenus des amis, empruntaient eux aussi semblable direction: Georges Lemoine, Dusan Kallay, Gary Kelley, Michel Guiré Vaka, Roberto Innocenti, Etienne Delessert, Binette Schroeder… tous « gens de dessin », observateurs à l’imaginaire aisément stimulable.

Vous avez très tôt illustré des textes de votre femme Michelle Nikly qui est elle-même une remarquable artiste, sculptrice en particulier. Le Royaume des parfums vous a permis d’explorer l’orientalisme avec une subtile touche de sensualité.
JC Nous nous sommes connus aux Beaux-Arts. Michelle n’a cessé de m’étonner par la variété de ses appétits issus de son goût pour la lecture: écriture et traduction, illustration, sculpture… Un jour elle m’a amené sur les lieux de son enfance tangéroise, là où, descendant de l’avion on tombe sous le charme du jasmin… Elle a glissé cela dans une histoire où l’on retrouve aussi son sentiment sur la question de la place des femmes dans la cité.

Vous avez, ensemble, concocté une trilogie pour bébés intellos, L’Art du Pot, L’Art des Bises, L’Art de Lire – qui a eu un succès planétaire…
JC Bébés intellos? En tout cas pour parents soucieux de s’amuser eux aussi en racontant des histoires.
Pour l’Art du Pot j’avais, à la demande de Villeurbanne, crée une affiche pour un colloque sur les rythmes de l’enfant. L’affiche a plu et au sortir du colloque les médecins m’ont demandé de la dédicacer. Il en est resté une série de variations sur le temps du pot. Michelle a eu l’idée de rassembler ces croquis et d’y adjoindre des petits bouts rimés. C’est vrai que ce bouquin a connu un beau destin, de même que l’Art des Bises et l’Art de Lire qui ont suivi.

Les originaux sont au Japon, je crois, pays avec lequel vous avez tissé des rapports particuliers……
JC Oui, certains originaux sont au Musée Chihiro Iwasaki d’Azumino et les autres sont au Canada chez une fidèle collectionneuse. Le Japon, nous y avons un fils qui a certainement été influencé par les albums de sa mère. Elle était enceinte quand elle écrivait le Prunier, son premier livre japonisant. D’autres ont suivi, tous antérieurs à nos voyages pour retrouver notre fils qui vit là-bas.

La trilogie des Arts met en lumière votre don pour peindre les frimousses enfantines. Les Arthur, Jérémie, Jeanne et autres Julien. Portraiturés d’après nature ? Ou, comme pour Jean Perrot, des Rêves de grand-père ?
JC Je dessinais les bouilles de mes enfants et aussi ceux des autres. Il m’est aujourd’hui encore difficile de résister à la beauté de ces visages où il arrive cependant qu’on puisse sentir ennui, tristesse ou souffrance. Alors je croque sur le vif! Puis la mémoire fait le tri des traits essentiels communs à tous les enfants ce qui permet d’en faire des personnages. Effectivement un peu comme Jean Perrot a pu le faire pour ses propres Rêves de Grand-père qui sont sensiblement partagés par tous les grands parents. Comme je regrette que ce livre atypique n’aie connu qu’un succès limité.

Les contes traditionnels occupent une belle place dans votre bibliographie, et certaines de vos lectures très personnelles de Charles Perrault, La Barbe bleue, Riquet à la Houppe ou Peau d’âne, sont éblouissantes de raffinement, et d’une originalité audacieuse dans leur interprétation.
JC Merci pour l’éblouissement Janine. Oui Perrault est pour moi du pur diamant : rien de trop et tout ce qu’il faut. A chaque lecture une nouvelle perle se montre pour nous dire: j’ai encore tant de choses à te dire.
Désir et cruauté pour la Barbe Bleue, dons réciproques de l’amour dans Riquet à la Houppe, amour incestueux et fuite pour Peau d’âne. Avec pour chaque conte des chemins de traverse qui nuancent l’idée principale et sont autant de pistes pour que le dessin s’amuse, s’égaie pour mieux revenir au propos majeur. Le tricotage images sur mots, mots sur images y est un régal sophistiqué.

Le texte, réputé difficile, de ces trois contes de Perrault a été publié scrupuleusement dans son intégralité, ce qui contribue à l’élégance des publications.
JC Je ne comprends pas que l’on se livre à réécrire ces contes, à en « élaguer la langue ». Si ce n’est pour des raisons commerciales bien sûr.
J’ai travaillé avec le Garamond contemporain de Perrault et pour Peau d’Ane je me suis seulement autorisé à faire figurer en gris les passages un peu difficiles pour les enfants. Mais oh combien jouissifs pour les parents.
Les versions poche peinent à rendre compte de l’habillage voulu mais comme le disait Pierre Marchand: de quoi te plains-tu? Être en poche c’est être un classique.
N’empèche!

Vous vous êtes parfois amusé à jouer la carte des contes défaits, en perturbant leur morale par exemple…
JC Pour La Princesse au petit Pois réécrite en Princesse sur une Noix, Michelle voulait montrer que les filles d’aujourd’hui ne sont pas que des chochottes d’intérieur. Saine réaction aux talents de sa belle-mère?

Vos anachronismes dans Le Petit Chaperon rouge sont jubilatoires.
JC L’essentiel est que la chevillette aie bien chu. Sinon le petit anorak rouge, munie de sa pizza et de son petit pot de coulis de tomate part voir sa mémé qui justement regarde des cassettes sur sa télé (les séries n’existaient pas encore) Comme on peut voir sur son poste, la gondole en plastique témoigne de son dernier voyage-en-car-3ème-âge à Venise. Le loup est un blouson noir, peu de changement. La forêt a disparu cédant la place à une sombre casse de tacots rouillés bien attirants pour notre héroïne. Le PCR c’est comme le jazz, on s’empare du thème et on s’amuse sur les variations. Certes il y avait eu de nombreuses versions PCR, mais toutes conformes à l’esprit du conte. L’importance du tirage laisse à penser que le mien n’a pas été étranger à la déferlante des nouvelles variations.

On sait, depuis vos Trois petits cochons, votre intérêt pour les travaux de construction. L’architecture est toujours savamment étudiée dans vos images.
JC Ma prof de piano qui me tapait sur les doigts était arrière-petite nièce de Viollet-Leduc. Quand elle sentait que j’en avais marre de sa baguette, elle m’ouvrait les grands In-folio où j’admirais La Rochepot, Pierrefonds, Carcassonne, Notre Dame de Paris avec pleins de détails de charpente, de taille de pierre en pinacles, en gargouilles et autres corbeaux. Pour le complexe château de Barbe Bleue je m’en suis bien souvenu: reste de donjon médiéval pour le cruel BB, ancien compagnon de Jeanne d’Arc, façade ouverte de croisées et rendue moins brutale pour le BB tel qu’il se montre en société, salle de mariage sur le pont enjambant la rivière-fil de la vie, bref toutes parties architecturales y jouent leur rôle sans oublier l’indispensable échauguette pour sœur Anne.

À diverses reprises, vous avez aussi pratiqué les architectures de papier, je pense à Me voici, me voilà, Peekaboo, La Guerre des taupes et surtout aux Trois petits contes au théâtre.
JC Pour Peekaboo, Matthew Price flairait le best-seller. Il voulait un pop-up costaud alors, muni d’un rapporteur et d’un compas, je me suis attelé au paper-engineering (il n’existait pas de tutoriels comme maintenant). Je ne suis plus certain du tirage mais cela a été phénoménal en petit ou grand format. J’aimerais que ressorte ce livre à mécanismes mais avec une gravure moins pâlotte.
Pour La Guerre des Taupes, avec Peter Dickinson l’humoriste du Times ce n’a pas été le succès escompté: images peut-être trop compliquées pour des enfants. Les 3 petits Contes au Théâtre que nous avons adoré faire avec Michelle était sophistiqués et fragiles. Seules quelques anciennes petites filles soigneuses nous en parlent encore.

Vous avez exploré le patrimoine germanique, avec le charmant coffret des Contes de Ludwig Bernstein ou aux légendes réécrites par Kurt Bauman. Un monde bien différent du Grand Siècle français où vous naviguez fort à votre aise.
JC Un grand collecteur de conte ce Ludwig Bechstein, quel plaisir de traduire puis de dessiner ces histoires étranges, un peu macabres. Le précieux coffret édité par Nord-Süd Verlag a eu un grand succès dans les pays germanophones et nordiques. On ne m’a pas donné à vérifier ma traduction pour la version française et une belle coquille s’y est nichée: administration pour admiration!
En me donnant la « Pomme d’Or » la Biennale de Bratislava s’est adjugé les originaux d’un des 3 mini-albums.
Mais auparavant Le Rattenfänger von Hameln a connu des tirages fantastiques un peu dans tous les pays. Il faut dire que la coédition battait son plein à la fin des années 70. Moi j’avais en tête les dessins de Samivel qui avaient tellement compté dans mon enfance. J’ai voulu un peu tuer le père en traitant la légende à la sauce sociologique à la mode de cette époque mais Kurt Bauman a dû écrire sur des images déjà réalisées, exercice difficile. Michelle Nikly en a fait une version sans redondance qui est téléchargeable sur www.livres-au-bois-dormant.fr

Vos goûts littéraires sont éclectiques. Vous avez mis en images Oscar Wilde (Le Prince heureux), et Le Vagabond de Noël de Benoit Marchon en renouvelant la tradition sulpicienne.
JC J’avais en tête les images de Harry Elliott pour Le Prince Heureux. Souvent placé dans des univers un peu poético-fantaisie avec château-disneyisant par les illustrateurs d’Europe de l’Est, ce joli conte réclamait selon moi, une vraie atmosphère britannique. Mais comme il est un peu gnangnan sur la fin, je me suis plu à donner le contrepoint à la chute. Dieu demande les plus belles choses que l’ange pourra lui rapporter et ce dernier découvre l’oiseau mort et le cœur en plomb du Prince près de vieux ressorts à matelas et autres déchets sur une décharge boueuse.
Pour le Vagabond de Noël de Benoît Marchon, j’ai aimé mettre en images cette vision originale de la nativité, par un enfant qu’aujourd’hui on qualifierait de « mineur-non-accompagné »

Chez Gallimard, dans la fabuleuse collection Enfantimages des regrettés Pierre Marchand et Jean-Olivier Héron, vous avez illustré Que ma joie demeure, une nouvelle d’un Michel Tournier au mieux de sa forme. L’inspiration musicale est prégnante dans ce conte de Noël tragique et désabusé auquel la dédicace à Darry Cowl ajoute une note burlesque et désolée à la fois.
JC Vous avez tout dit Janine. La longue déchéance du pauvre pianiste doit s’achever sur une note pathétique: tandis qu’il interprète J.S. Bach, un chapelet de charcuterie doit s’échapper du piano déclenchant l’hilarité des spectateurs. Et soudain son ange gardien s’élève dans les airs dans une assomption qui fait taire les rieurs. C’est ce final de Michel Tournier que je me suis amusé à détourner: vu des cintres, l’angelot porte un baudrier et est hissé par un machiniste. Pas de miracle, notre pianiste est leurré encore une fois.

Êtes-vous spécialiste des Contes de Noël ? Les éditions Actes-Sud ont fait appel à vous pour Le Noël d’Auggie Wren, un texte de Paul Auster. J’imagine que la collaboration avec ce phare de la littérature américaine a dû vous plaire…
JC Héhé vous vous moquez Janine. Mais oui j’ai illustré pour Astrapi, Pomme d’Api des histoires de Noël.
Bien sûr comme tout le monde j’avais adoré Brooklyn Boogie et Smoke dont l’origine est ce conte commandé par le Washington Post à Paul Auster pour le N° de Noël. Oui je me suis régalé à restituer les multiples sens de ce texte riche. Nous sommes allés mon fils et moi, à Brooklyn pour en parler avec P. Auster et au sortir de la pizzeria le Nikon s’est mis en rideau: donc pas de photo de cette rencontre, historique pour la famille.

Black is beautiful ; les jeunes noirs sont omniprésents parmi vos personnages, ainsi de Mamadou, petit écolier dont Le Théorème fut concocté avec Azouz Begag en 2002.
JC je suis souvent celui à qui on fait appel pour portraiturer des héros noirs. Et ça continue aujourd’hui puisque Rita Marshall, directrice artistique de Creative Company me demande d’illustrer la vie de Bessie Stringfield, la reine de la Harley-Davidson. Mamadou l’enfant appliqué et curieux est de ceux-là; il m’a donné l’occasion de rencontrer Azouz Begag dont l’enfance s’est passée pas si loin de chez moi. J’ai regretté après coup de ne pas avoir donné à son personnage des traits d’enfant arabe… pour changer un peu.

Plus récemment, Mon frère et moi, sur un texte de Yves Nadon, joue subtilement des métamorphoses.
JC Etrange texte très bref et tout entier dans l’action. Tout devient possible quand on passe au dessin y compris de faire du héros un enfant noir. Ce qui n’était pas du tout suggéré dans le texte et qui a valu dans la communauté noire très active aux USA et au Canada de sacrées bonnes critiques. Après, les métamorphose étaient évidentes et très amusantes à réaliser à la façon d’un « morphing » de dessin animé

La Batterie de Théophile conjugue l’humour, votre amour de l’Afrique à votre virtuosité dans la représentation des animaux. Et surtout votre addiction au jazz et à ses sources.
JC Pour ce livre mes lecteurs sont des musiciens, des parents de musiciens, des profs d’école de musique… À l’époque, car c’est un vieux livre, mon ostéopathe m’avait demandé si j’avais des rêves d’Afrique alors que je n’y avais jamais mis les pieds. Allez comprendre!

La trilogie de Little Lou, qui commence comme Certains l’aiment chaud dans l’Amérique de la prohibition, se poursuit dans la torpeur des états du Sud et se termine avec la libération de Paris par les boys, est un hommage magnifique au blues et à ses interprètes.
JC C’était en 86, il n’y avait pas de bouquin pour la jeunesse sur ces musiques. Il me fallait un auteur et je n’en trouvais pas. Pas si facile d’écrire pour les enfants quand on est spécialiste. Alors j’ai commencé à dessiner puis à légender et à épaissir lentement mon texte… et ça s’est fait. Mon éditeur anglais d’alors, Sebastian Walker croyait pouvoir en faire un livre de luxe pour Noël. Las quand il l’a proposé à Baron’s il a essuyé un refus: pas de blancs qui parlent du monde noir! Donc j’ai récupéré mes dessins qui ont dormi dans un tiroir. 5 ans plus tard Allen Eady, l’un des rares éditeurs noirs à l’époque, à qui je racontais mes déboires s’est gaussé de ma naïveté: tu as tiré la sonnette d’une Major et c’est chez un petit que tu dois proposer ton bouquin. Tom Peterson de Creative Company l’a pris en s’associant avec Gallimard. Il a ramassé tellement de prix dans la foulée, surtout celui de Montreuil, ce qui signifiait beaucoup pour moi car le peintre Henri Cueco était dans le jury et Tomi Ungerer m’a remis le Totem.

Il y a, dans ces trois albums, votre fascination pour l’Amérique noire et ses musiques. Vous y faites des prouesses narratologiques, en passant du récit aux images sans texte et à la BD. Du grand art !
JC Oui j’aime ce monde depuis l’après-guerre et la radio quand ma mère me confiait qu’elle aurait bien aimé danser dans les caves de Saint Germain des Prés. Il faut dire que nous habitions la Bourgogne profonde.
Pour ce qui est des aller-retours entre pavés de textes calmes illustrés tabulairement et parties d’action traitées en BD c’est venu assez naturellement sans effort. Je me suis souvenu des Bécassines avec des petits pavés de texte et des Pieds Nickelés ou Bibi Fricotin qui jouaient aussi de ces combinaisons qui satisfont le lecteur de texte et celui d’image. Pas toujours réunis en une seule personne.

L’anthropomorphisme animal est rare chez vous. Il est à l’honneur dans Le Dernier bal, une fable écologique pleine de la nostalgie des bals populaires d’autrefois.
JC C’est difficile de passer après Benjamin Rabier ou Michel Guiré-Vaka. Bizarrement « Le Village vert se rebiffe » était déjà une petite histoire écologique mettant en scène des souris révoltée contre l’industrialisation de leur fromage. Michelle avait composé l’histoire pour le journal communal et quand Pierre Marchand l’a pris pour Gallimard, Brice Lalonde en a écrit la préface.
Donc « Le Dernier Bal » pourrait passer pour une clôture d’exercice.
Le bal, la guinguette, l’accordéon, la limonade pour nous les gosses, c’est impossible à oublier, comme le premier baiser.

Cette Zique à Papa, comme vous l’appelez dans une des chansons que vous avez composées, vous ne faites pas que la dessiner. Vous la vivez aussi. Votre groupe musical s’appelle le Little Lou Tour en souvenir de votre trilogie à succès. Racontez-nous sa genèse et son fonctionnement.
JC Mon père jouait du tango, son père jouait des polkas. Dans cette logique patrimoniale, que pouvais-je faire sinon jouer du rock’n roll? Et puis en effet, le besoin de parler de tout ça m’a poussé à créer un petit bonhomme héros de la première histoire « Little Lou ». Entre deux aquarelles, le temps que ça sèche, je décrochais ma guitare et c’est ainsi que le groupe s’est formé pour partir en minibus avec la batterie, le saxo, le piano, la guitare, les valises et quelques blagues douteuses.

Que vous apporte cette pratique musicale ?
JC Tout ce dont la solitude de l’atelier me prive.
Des gens qui dansent ou tapent des mains ou simplement sourient au son de votre musique c’est une sacrée expérience.
Certes je suis bien loin de la religiosité qui accompagne la musique sérieuse mais « j’assume ma roture avec félicité » selon le mot de François Vié.

Vous avez composé et chanté avec malice « L’image ne nourrit plus son homme, c’est de la faute au CDrom ». Comment vivez-vous l’évolution du statut de l’image dans le monde contemporain ?
JC « Computer took my Job away » est un blues des années 80 chanté par Buster Benton. Dans ma chanson 30 ans plus tard je fais le parallèle avec l’image dessinée menacée par le digital. Cela dit, un clou chassant l’autre, le CD Rom disparaissait à son tour! Mais les nuages noirs planent toujours sur ce métier. Ils sont de diverses nature: trop de monde, précarisation des auteurs, multiplication des titres et baisse des tirages…
Il reste que la dématérialisation de l’image a porté un sacré coup à la notion d’original, d’image « fait-main » avec son enracinement dans des questions et pratiques séculaires.
Je me suis intéressé à l’image 2D au tout début avec la palette graphique « Grace » de Luc van Kang aidé en cela par Christiane Clerc alors au centre Pompidou. Thomson avait semblé intéressé puis s’est retiré déclarant que l’outil n’avait pas d’avenir alors que quelques mois plus tard Apple proposait une version grossière du logiciel qui allait tout changer, ou presque: Photoshop. Je dois avouer que perpétuellement insatisfait de la pâleur des impressions, je rends grâce à ce même Photoshop qui me permet de préparer depuis chez moi les documents pour l’impression.

Vous exposez des portraits de femmes nues dans la pure tradition des modèles d’atelier. Quelles sont vos sources d’inspiration ?
JC Au risque de déplaire à certaines et de paraître bien peu original, je suis comme la plupart des hommes fasciné par le corps de la femme.
Je ne la siffle pas dans la rue, je ne me retourne pas à m’en dévisser les cervicales… je la dessine comme des générations d’artistes l’ont fait en me posant certainement les mêmes questions.
« Quand je dessine un homme, je fais de l’anatomie et quand je dessine une femme, je fais de l’art » je ne sais plus qui a dit cela; Degas peut-être?

Plus zozé, comme disait Zazie, vous avez publié Le Point de vue de l’observateur, un recueil de textes érotiques, magistralement écrit et illustré. Ces « cupidons zélés » ont dû quelque peu surprendre les groupies de vos livres de jeunesse !
JC Je crois qu’au contraire ce bouquin les amuse. En grandes lectrices, ces dames en connaissent un rayon sur les mystères du « sexe-opposé » et s’amusent du regard porté sur elles au travers de ces petites histoires et ces dessins lestes. Mais c’était avant tout une sorte de récréation après avoir loyalement servi les petits lecteurs. Et après tout sans érotisme l’être humain n’a plus vraiment de raison de se reproduire.

Avez-vous pensé à ce que deviendra votre fonds d’atelier dans l’après-Claverie que l’on souhaite, bien sûr, très très lointain ?
JC Oui j’y pense et puis j’oublie. La perspective du classement, du tri, du feu de joie ou des aller-retour à la déchetterie me fait refermer le tiroir.

 

Louis Charrat
édité par Toba’s éditions

La seule monographie consacrée au peintre Louis Charrat qui fut l’un de mes maîtres  avec René Chancrin aux Beaux Arts de Lyon et Michel Martina aux Arts Décos de Genève. Textes de Jean-Jacques Lerrant, Gabriel Pérouse…et autres personnes aimant son œuvre ou l’ayant connu.

Voici ma contribution parallèlement à la mise en page:

J’étais bien loin de m’attendre à cela… un premier cours de dessin sans autre consigne que celle de laisser aller la sensibilité. On avait beau être dans les années libertaires la chose, ppprononcée sur un ton presque amusé par un prof à l’élégance tout aussi insolite, avait de quoi surprendre le lycéen que j’étais.
L’assistance de ce cours du soir était nettement composée de deux populations très différentes : les amateurs adultes et les étudiants des Beaux-Arts. Les uns devaient se contenter d’un rapide encouragement tandis que les seconds bénéficiaient d’une vraie critique. J’allais vite comprendre que pour cet homme, contrairement à ce que sa légèreté de ton pouvait laisser entendre, l’art ne se pratiquait pas en dilettante …
Ce temps d’initiation avec Louis Charrat aura décidement été un temps riche en paradoxes de toutes sortes.
En cherchant à la bibliothèque j’avais trouvé un article ancien louant les subtilités tonales de mon professeur. Une reproduction d’une toile représentant un salon rose et gris superbement traitée dans le goût de certains décors de Degas, illustrait le propos du critique. Et quelques temps après, Charrat exposait chez Verrière… j’allais pouvoir en voir/savoir plus ! Et là, dans la galerie, m’attendait une série d’aquarelles ou plus exactement d’anti-aquarelles, saturées, violentes, comme s’il avait fallu tordre le cou à cet art soupçonné de trop de délicatesse. S’agissait-il du même homme ?
Cette fois encore c’est le temps, au fil d’entretiens généreux qui m’a montré ce qu’un artiste pouvait subir comme distorsions douloureuses. Insensible aux modes jusqu’à l’isolement mais intimement convaincu de la nécessité, de la fécondité des ruptures, quelques années plus tôt Charrat avait brisé d’une manière nette son jouet de jeunesse : les nuances subtiles appliquées aux objets de la vie bourgeoise qui l’entouraient.
Il s’adonnait alors à un travail sur la couleur d’une puissance qui pouvait aller jusqu’à l’outrance et qui prenait pour support formel les plus modestes trouvailles faites au marché aux puces ! La lampe de chantier en tôle remplaçait la théière en argent. Bien sûr il n’était pas question de rompre avec la représentation, il ne s’agissait pas d’emboîter le pas à une forme ou une autre d’abstraction… plus question de plaire… pas question de s’étiqueter… simplement suivre l’exemple de Chardin.
La première période toute en subtilités dont il m’apprit bien plus tard qu’elle l’avait fait vivre facilement était bien finie, comme reniée. L’urgence d’une vision qui se dégradait rapidement le poussait. Les accords chromatiques risqués, pour le plaisir du grincement-limite, me faisaient penser aux musiques que je découvrais en même temps, le jazz et le rock dont Louis Charrat ignorait tout. Le bourgeois devenu fauve était resté mozartien.
J’aimais ces rencontres dans l’antique Maison Thomassin où les mystères jadis entrevus dans La Vieille Maison d’Andersen trouvaient écho et résolution !
Puisse ce livre sortir de terre cette singulière dernière période de Louis Charrat… comme le petit soldat du conte.

Michel Guiré-Vaka
édité par Michel Lagarde

Une belle monographie consacrée à l’un des plus fameux illustrateurs de la fin du XXème. On dit parfois « musicien pour musicien » pour des artistes ne cherchant pas une reconnaissance facile. Pour MGV on peut vraiment parler d’un « illustrateur pour illustrateurs » tant son niveau d’exigence le situait à mille lieues de toute complaisance. Et pourtant les images de ce surdoué de l’observation de ses contemporains étaient connues et aimées de tous. Ce livre rassemble les témoignages de ceux qui l’on connu, aimé ou qui ont collaboré avec lui: Christiane Abbadie-Clerc, Patrice Caumon, Yves Frémion, Jean Izarn, Alain Lachartre, Michel Lagarde, François Vié et moi qui me suis penché avec gourmandise sur la complexe connivence que MGV entretenait avec le sexe opposé.

Booklist Online Exclusive, March 26, 2018

We Are Brothers.
Nadon, Yves (Author) , Claverie, Jean (Illustrator)
Mar 2018. 32 p. Creative Editions, hardcover, $18.99. (9781568462929).
“Every summer, at our family’s lake house, / my big brother and I swim to the rock. / Every year, he jumps
off, as I watch and cheer, / too afraid to even try.” In lovely language, this Canadian author shares the story
of a smaller sibling’s fear and determination to meet a challenge from his older brother: “It’s your turn
now.” To summon his bravery, the young boy imagines himself a cat, a bird, and a fish, finding in the
characteristics of each the courage to successfully climb, soar, and dive. Claverie’s pastel illustrations
evoke a rustic summer upon which is set the sketch-like action of the encouragingly competitive and
loving relationship between these two black brothers. The scenes, from a variety of perspectives, are
framed with white space and give way, in moments of imagination, to full-page spreads on natural brown
paper of human-to-animal transformation (imagine a more dignified take on the old Animorphs cover
concepts). This is a relatable, touching, and artistic tale of a coming-of-age moment and a lifetime of
brotherhood.
— Andrew Medlar

DICTIONNAIRE DU LIVRE DE JEUNESSE

Sous la direction d’Isabelle Nières-Chevrel et Jean Perrot, Editions du Cercle de la Librairie 2013.

La page de gauche est l'affiche faite pour l'expo le "Jardin Secret" de la Foire de Bologne. J'y avais rassemblé tous les personnages de mes livres précédents. Sur la page de droite les originaux de "l'Art du Pot" qui figurent dans les collections du Musée.CHIHIRO ART MUSEUM

Le Chihiro Art Museum (Japon) a publié un livre sur l’illustration mondiale à l’occasion de l’expo « Originaux de livres et d’artistes ayant vendu des millions de copies dans le monde » (traduction littérale de l’intitulé). (cliquer sur l’image pour + de détails)

Mon dessin raconte la complicité avec le livre du berceau au cercueil.UNE BIBLIOTHEQUE IMAGINAIRE « DER FISCH, DAS KLAVIER UND DER WIND »

L’Album de la Bibliothèque Internationale de Munich, publié par Carlsen et préfacé par Barbara Schariot vient de sortir.

ARTICLE DE JEAN MARC REQUIEN

paru en 2009 dans « Lyon People » à propos du dessin en général et des miens en particulier:

Les délicieux nus de Jean Claverie

CATALOGUE « BABAR, HARRY POTTER & CIE »

Sous la direction d’Olivier Piffault, Bibliothèque Nationale de France, (distribution Seuil), 2008

ARTICLE DE JEAN FRANÇOIS MIGNAC

À lire sur le site les Coinceurs de Bulles, l’article de Jean François Miniac

INTERVIEW SUR LE SITE RICOCHET

À lire sur le site Ricochet, l’interview de l’Invité

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « CLAVERIE » À MOULINS

Exposition au Centre de l’Illustration Moulins, 2007. Photos et article d’André Delobel dans le Bulletin du Crilj Orléanais ici.

« AU RAYON DE J. CLAVERIE » DVD DOCUMENTAIRE

De Thierry Mercadal, production On Stage et Cap Canal 2007, disponible chez: On Stage, Tel : 04 78 28 56 49, www.onstage.fr

CHRONIQUES D’ALBUMS PAR ALAIN HERMANSTADT

Blues Again n°10, les 2 albums « Little Lou » et le CD « Tacot Blues » chroniqués par Alain Hermanstadt

« LE BLUES DE L’ILLUSTRATEUR » PAR JANINE KOTWICA

Paru dans La Revue des Livres pour Enfants, n° 232, 2006.

INTERVIEW SUR TSF JAZZ 2012

dans « Jazz Fans » l’émission de Laure Albernhe ponctuée de morceaux que j’aime http://www.jeanclaverie.fr/little-lou-tour/ en bas de page

« RECYCLING RED RIDING HOOD » DE SANDRA L. BECKETT

Routledge NY, London 2002.

LA REVUE DES LIVRES POUR ENFANTS, AVRIL 2002

Auggie Wren’s Christmas Story.

CATALOGUE « LES CONTES DE FÉES »

Seuil/ Bibliothèque Nationale de France, 2001.

« CARNET D’ILLUSTRATEUR » DE JEAN PERROT

Aux Editions du Cercle de la Librairie (livre + CD-Rom), 2000.

« LE PETIT CHAPERON ROUGE ET LE GRAND CLAVERIE » PAR FLORENCE NOIVILLE

Le Monde des Livres, 31 mars 1995.

« LE MONDE DES ILLUSTRATIONS SELON JEAN CLAVERIE »

Lire, agir, comprendre : bulletin du centre-lecture de Grenoble, mai 1994, n°8,
« Le monde des illustrations selon Jean Claverie » (p.2 à .23).

« NOUS AVONS RENCONTRÉ JEAN CLAVERIE »

Revue « Nous voulons lire! » n°98 de mars 1993.

« ACTUALITÉ DU LIVRE, DE L’IMAGE ET DU SON »

Avril, mai juin 1992, n°2.

INTERVIEW « LE BALCON » POUR « BARBE BLEUE »

Vidéo: Le balcon: entretien à propos de l’illustration de « Barbe Bleue » avec Anne Masson (Camera) pour la FNAC (vidéo de 12mn 38s.), 22 fev 1992 (Archives INA).

INTERVIEW « LE BALCON » POUR « LITTLE LOU »

Vidéo: Le balcon: à propos de « Little Lou » reportage de Claude & Michel Jaget (Camera) pour la FNAC (vidéo de 06mn 53s.), 26 janvier 1991 (Archives INA).

« IMAGES À LA PAGE » DE CHRISTIANE CLERC

Éditions Gallimard, 1984.

CATALOGUE « LE JOUEUR D’IMAGES »

1991, textes de Christiane Clerc, Jeanine Despinette, Nicolas de Hirshing, Jean Perrot, Anne Paillard, François Vié. Paru chez Albin Michel (épuisé). Téléchargeable gratuitement en PDF ici. Extraits et images ici.

EUROPE IMAGES

BCP des Yvelines, 1988.